Depuis ma prise de fonction au collège Louis Pasteur en septembre dernier, mes proches me comparent à un gros matou qui attend avec impatience les deux mois d'été pour partir en vacances avec toute sa marmaille et ne rien faire d'autre que se dorer la pilule au soleil ou bouffer une grosse glace entre deux baignades. Mon maître ne serait qu'un simple fonctionnaire formaté qui se contente de réciter les mêmes règles de grammaire d'une voix soporifique avant de quitter la salle de cours sans demander son reste. La seule chose qui compte, c'est de voir tomber les pepettes à la fin du mois.

Mon amie d'enfance, plus vache encore, me surnomme Mme la commissaire Selon elle, je me bousille la santé en ramassant les nombreuses boulettes de papier balancées en direction de mon bureau. Je perds un temps précieux en essayant de recadrer les retardataires, absents ou fumeurs multirécidivistes. Je suis assez barge pour vouloir faire taire les pipelettes professionnelles ou émerger les marmottes imperturbables. Je contribue à vider et ramollir ma cervelle de moineau en encaissant les pires injures ou en essayant de remobiliser ces cons finis, cette bande de cas sociaux ou de bons à rien.

Non, le métier d'enseignant n'est pas de tout repos,encore moins dans le secondaire. Non, je n'ai aucun pouvoir magique. Non, je ne peux pas faire de miracles ni changer le monde mais oui, j'ai choisi l'anglais. Je me suis battue, j'ai gagné le droit d'exercer et je le fais avec enthousiasme J'ai l'intime conviction d'agir à mon niveau pour faire bouger les choses.

En effet, mes apprenants et moi-même voyageons sur une planète bien particulière. Certains sont effrayés et d'autres intrigués ou émerveillés à l'idée d'en fouler le sol. Ensemble, nous évoquons d'autres croyances, traditions ou modes de vie. Nous ouvrons notre esprit pour échanger, partager et redessiner un monde plus respectueux de nos différences. Quelle belle aventure !

C'est avec plaisir que je permets aux plus curieux de s'aventurer dans des contrées plus ou moins lointaines pour non seulement consolider leurs acquis mais aussi et surtout s'en mettre plein les yeux. Ils peuvent alors acheter les babioles qu'ils offriront à leurs familles ou encore déguster les plats qu'ils ont eux-mêmes commandé. Pas mal, non ?

Au fil des semaines, des liens se tissent et tous passent de très bons moments en ma compagnie. Ensemble, ils s'amusent et gravissent une à une les marches qui mènent à la réussite. Fiers de leurs parcours respectifs, ils osent s'exprimer sur des sujets divers et variés ou exposer des idées parfois farfelues. Les plus avancés prennent tous les risques et se lancent des défis de taille ou affichent les meilleurs résultats. Chapeau bas !

Avec du temps, de l'énergie, de la volonté et une bonne dose de patience, je parviens le plus souvent à rassurer ou remotiver les plus fragiles. Certains s'entretiennent avec moi en espérant résoudre des énigmes plus ou moins coriaces Je les écoute attentivement et fais tout mon possible pour leur fournir les réponses attendues, la clé qui leur ouvrira de nouvelles portes.

Pour former les locuteurs de demain, il faut souvent se creuser la tête, se montrer créatif et novateur. Il faut donner et se donner. Croyez moi, les efforts paient. Rien ne vaut leurs sourires, leurs éclats de rire, leurs petits mots ou petites intentions. Rien n'est plus beau que leurs yeux pétillants de bonheur.

Bravo, merci et à l'année prochaine !

Bien que pure fiction, le texte que j'ai rédigé est en lien avec mon métier d'enseignante. Je tiens d'ailleurs un blog pédagogique que vous pouvez consulter à cette adresse :

www.pedagogix.net

Vous pouvez aussi consulter le blog de mon amie proche qui elle aussi publie ses crits personnels, sans pour autant me copier : www.mafacondecrire.fr

N'hésitez pas à vous exprimer :)

 

professeur