Le handicap invisible

 

Qu’est ce que l’analphabétisme ?

 

Au jour d’aujourd’hui, 758 millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire. Pour cause : ils n’ont jamais été scolarisés. La majeure partie d’entre eux sont originaires d’Asie ou d’Afrique subsaharienne mais certains sont bel et bien français ! Tous ces gens sont analphabètes et ne doivent pas être confondus avec les illettrés qui eux se sont rendus à l’école sans jamais maîtriser les fondamentaux. C’est un peu moins grave mais tout aussi embêtant !

 

Quelles sont ses conséquences ?

 

Bien sûr, aucun analphabète n’accède à la lecture, encore moins à la littérature. Ils sont privés de ce trésor et c’est bien dommage. Pire encore : ce vilain handicap les poursuit dans leur quotidien. Il ne peuvent ni lire une facture ni remplir un chèque. Dans une telle situation, comment travailler et s’investir auprès de ses enfants ? Un jour ou l’autre, l’analphabète prend conscience de l’existence de ces barrières intellectuelles. Il est rongé de l’intérieur, couvent de honte. S’il se retrouve coincé, il peut par exemple prétendre avoir perdu, cassé ou oublié ses lunettes. Heureusement, il existe des solutions pour sortir de ce pétrin.

 

Comment les aider ?

 

Il convient d’instaurer avec eux une relation de confiance avant de les orienter vers une association qui les accueillera quatre à six heures par semaine. Là, ils pourront distinguer une voyelle d’une consonne, reconnaître des sons pour former des syllabes puis des mots. Les formateurs bénévoles mettront à leur disposition des documents de la vie courante qu’ils déchiffreront peu à peu. Avec le temps, ils parviendront à comprendre ce qu’ils lisent, à conceptualiser chaque phrase. Oui, ils se représenteront mentalement chacune des nombreuses situations décrites, repéreront diverses informations sur les documents exploités. Ils apprendront à s’exprimer oralement,clairement et distinctement. Pour leur permettre de concrétiser ce joli projet, les associations travaillent en partenariat avec les municipalités. Les bénéficiaires sont ainsi impliqués dans différents projets, découvrent des concepts généraux. Autrefois bénévole à Vandoeuvre Les Nancy (54), j’ai moi-même participé à la semaine de la solidarité internationale 2017 avec un groupe d’adhérents. Ils ont tour à tour formulé leurs vœux pour écrire un poème et espérer vivre ensemble dans un monde meilleur . Vaste programme !

 

Un analphabète ne peut pas suivre de cours particuliers. Pour cause, il doit intégrer les règles élémentaires de savoir vivre. Avec de l’aide et de la pratique, ils comprendra l’importance de ne pas interrompre le formateur ni leurs camardes ainsi que de la ponctualité. Il éteindra son téléphone portable avant chaque cours et signalera  chacune de ses absences justifiées. Bien sûr, ne sont admis que les plus motivés !

 

Pour vivre en France et peut être se voir nationalisés, il faut comprendre le mode de fonctionnement de cette société . Il est donc exigé de renseigner les adhérents sur les différents systèmes politiques ou éducatifs. Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres !

 

Être bénévole en alphabétisation, c’est plus qu’une bonne action. C’est un travail à part entière, réalisé sans aucune rémunération. Avant de déposer sa candidature, mieux vaut se donner le temps de la réflexion. D’un autre côté, cela signifie s’enrichir aux contact de l’autre, prendre part à une belle aventure humaine. Chaque pas est une petite victoire. Les bénéficiaires progressent, se débrouillent de mieux en mieux. Quoi de plus beau que de petites étoiles dans leurs yeux ?

Pourquoi pas vous ?

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