Microbio

Fille de diplomate, Amélie Nothomb est née en 1967 à Kobé (Japon). Elle y passera les cinq premières années de sa vie avant de parcourir le monde au gré des affectations de son père. Patrick Nothomb finira par rentrer chez lui, en Belgique. A Bruxelles, sa fille suivra un cursus de philologie romane. En parallèle, elle cultivera secrètement sa passion pour l’écriture. En 1992, elle publie son premier roman. A ce jour, elle en publie un par an. Elle comptabilise donc 27 opus ainsi que de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le titre de baronne et le prix de l’académie française pour l’intégralité de son œuvre. Pourquoi un tel succès ?

 

Un sacré bout de femme

Madame Nothomb ne s’aime pas beaucoup mais s’assume pleinement. Pour mieux se supporter, elle s’est créé un personnage qu’elle incarne au fil des ans. Cette femme porte un grand chapeau noir, sirote une coupe de champagne et s’exprime d’une voix trop grave ou trop aiguë, légèrement robotisée. Elle a deux amoures : l’écriture et la nourriture. C’est pourquoi, elle a longtemps souffert d’anorexie mentale et de potomanie (envie constante de boire de l’eau). Vous l’aurez compris : elle est et reste alcoolique. Je n’oublierai pas non plus de mentionner son enfance compliquée. A la fois riche et lourd, son passé la poursuivra toujours ! Il l’a peut être poussée à défendre de grandes causes puisqu’elle est sympathisante et présidente d’honneur d’un mouvement anti corrida , membre du collectif chiennes de garde qui lutte contre le sexisme. Chapeau, madame !

 

Une œuvre diversifiée

La dame au chapeau à une recette bien à elle : elle délire pour nous faire sourire. Son personnage entre dans un autre monde, SON monde. Mieux que personne, elle sait se raconter. Attention, je n’ai pas dit se la raconter ! Elle nous permet de voyager, réinvente la vie en société. Pourquoi ne pas accoder à une enfant le droit de divorcer de ses parents ou récompenser un mannequin pour sa laideur extrême ? Cette grande dame se permet de revisiter à sa manière des contes populaires comme Barbe Bleue ou Ricquet à la houppe. Elle se compare volontairement à une plante ou à un tube. Elle va jusqu’à s’imaginer candidate d’un jeu de télé réalité se déroulant dans un camp de concentration. Franchement, il faut oser !

 

Bien qu’elle pousse parfois le bouchon, on se doit de respecter madame Nothomb. Elle est passionnée. Grâce à sa détermination et son mental d’acier, elle tient sur la durée. Je ne vais pas jusqu’à l’admirer mais j’ai eu l’honneur de la rencontrer. Avec son public, elle n’hésite pas à discuter. Pour elle, popularité rime avec disponibilité. Entre nous, ce n’est pas toujours gagné ! Dans de telles conditions, pourquoi ne pas l’encourager ?

 

Bibliographie sélective

Je n’ai que 31 ans. Très logiquement, je suis loin d’avoir lu tous ses romans. Certains d’entre eux m’ont pourtant marquée :

- stupeur et tremblements, 1999

- la métaphysique des tubes, 2000

- Biographie de la faim, 2004

- Acide sulfurique, 2005

- Pétronille, 2014

 

 

Amélie Nothomb